Clutch #146 | nov. 26
Édito
Couverture par : Jenna Rozz
JEUNES ET BONS
Rien ! Non, rien n’effacera l’effraction salutaire de la jeunesse dans le débat public en cet automne 2026. Ils sont encore mineurs, adolescents ou tout juste jeunes adultes, leurs revendications sont claires, leurs paroles d’une lucidité implacable. Ils décrivent des conditions d’apprentissage ubuesques, des lycées abandonnés, des parcours (Sup) anxiogènes à force de réformes confuses, avec une maturité aussi réjouissante que troublante.
Rien, non plus, n'effacera la violence inouïe déchaînée contre eux, par un pouvoir politique qui ne tient plus que par la force et la répression. La détermination, contagieuse, du mouvement des lycéens a engendré une solidarité intergénérationnelle, qui fait visiblement trembler un Exécutif prêt à tout pour réprimer le droit de manifester. En braquant l’émotion sur des vitres brisées plutôt que sur les mains arrachées ; en criminalisant les rassemblements ; en prolongeant les gardes à vue ; en mobilisant les militaires en renforts de Forces de l’Ordre dépassées...
Tous ceux qui ont marché dans les rues de Toulouse, le 17 octobre, ont ressenti au plus profond d’eux cet autoritarisme sécuritaire. Peu après le nassage de manifestants sur le pont des Catalans, suivi d’une charge policière contre le cortège de tête syndical, une grenade lacrymogène a explosé dans le bar féministe et queer la Gougnotte, provoquant l’effroi parmi la vingtaine de personnes réfugiées à l’intérieur, dont des enfants. Coïncidence, c’est un haut-lieu de la scène drag, culture dont l’essor à Toulouse semble aujourd’hui inarrêtable, et sur laquelle nous nous penchons dans ce numéro. Sous la botte de ceux qui s’accrochent désespérément à leurs privilèges, les esprits changent, inexorablement. Le monde est encore jeune. | Les Clutchers
Rien ! Non, rien n’effacera l’effraction salutaire de la jeunesse dans le débat public en cet automne 2026. Ils sont encore mineurs, adolescents ou tout juste jeunes adultes, leurs revendications sont claires, leurs paroles d’une lucidité implacable. Ils décrivent des conditions d’apprentissage ubuesques, des lycées abandonnés, des parcours (Sup) anxiogènes à force de réformes confuses, avec une maturité aussi réjouissante que troublante.
Rien, non plus, n'effacera la violence inouïe déchaînée contre eux, par un pouvoir politique qui ne tient plus que par la force et la répression. La détermination, contagieuse, du mouvement des lycéens a engendré une solidarité intergénérationnelle, qui fait visiblement trembler un Exécutif prêt à tout pour réprimer le droit de manifester. En braquant l’émotion sur des vitres brisées plutôt que sur les mains arrachées ; en criminalisant les rassemblements ; en prolongeant les gardes à vue ; en mobilisant les militaires en renforts de Forces de l’Ordre dépassées...
Tous ceux qui ont marché dans les rues de Toulouse, le 17 octobre, ont ressenti au plus profond d’eux cet autoritarisme sécuritaire. Peu après le nassage de manifestants sur le pont des Catalans, suivi d’une charge policière contre le cortège de tête syndical, une grenade lacrymogène a explosé dans le bar féministe et queer la Gougnotte, provoquant l’effroi parmi la vingtaine de personnes réfugiées à l’intérieur, dont des enfants. Coïncidence, c’est un haut-lieu de la scène drag, culture dont l’essor à Toulouse semble aujourd’hui inarrêtable, et sur laquelle nous nous penchons dans ce numéro. Sous la botte de ceux qui s’accrochent désespérément à leurs privilèges, les esprits changent, inexorablement. Le monde est encore jeune. | Les Clutchers