YARD ACT : La Cabane en chantier
Après la découverte du groupe en 2021 au Metronum, il n’en fallait pas plus qu’un retour de Yard Act dans la Ville rose le dimanche 18 octobre dernier pour reformer notre doublette infernale avec mon photomaton attitré Jesse Overman. Constat rapide, de l’eau a coulé dans l’Aire depuis leur dernière venue, mais le quatuor de Leeds n’en a pour autant pas mis depuis sa langue dans sa poche. Débriefing.
Mathieu Laforgue - Photos : Jesse Overman / Blast Radius Photo
Dimanche 18 octobre. 1 an, 2 mois, 23 jours et 19h, le temps qu’il aura fallu attendre pour repartir en live avec mon Anglo-Ricain préféré. Loin de la terrasse estivale d’Interference, c’est sur celle de La Cabane en un dimanche aux températures hivernales que nous nous retrouvons.
Malgré un visage un peu fatigué par les évènements de la veille, Jesse est en bonne forme pour son âge, et nous conversons sur l’actualité, IPA à la main, avec en toile de fond un parking du Zénith totalement vide, Zénith n’affichant toujours pas au passage un futur concert de Céline Dion. Très rapidement, et après avoir conclu que nous sommes tous deux restés bloqués dans les années 90, nous regagnons la fosse pour une première partie assurée par Lava La Rue.
Personnalité non binaire made in UK, Ava Laurel - avec ses deux acolytes, je ne compte bien évidemment pas le batteur enfermé dans la boîte à beat - signe un set qui aura gagné en puissance au fil des morceaux. Bien déjantée, la triade s’amuse sur un terrain de jeu musical allant jusqu’au noise, ça tombe bien c’est une soirée Noiser, rappelant par moments le doux son de The Kills. Jolie découverte, je ne peux que vous conseiller le morceau « Prince of Bologna », dernière création en ligne qui vaut son pesant de cacahuètes.
… même si on est loin du post punk minimaliste d’il y a 5 ans à Borderouge, les Anglais distillent aujourd’hui un opéra punk assurément assez funky et fort appréciable
Entracte, retour sur la terrasse, retour des discussions faisant avancer l’humanité, planification d’une projet soirée dans La Jungle, et place au show Yard Act. Un show disons-le d’entrée beaucoup trop court. Une grosse heure de live avec trois albums dans son baluchon, on était en droit de demander plus, mais de là à dire que l’expérience fut mauvaise, je dis NON. En effet, même si on est loin du post punk minimaliste d’il y a 5 ans à Borderouge, les Anglais distillent aujourd’hui un opéra punk assurément assez funky et fort appréciable.
Avec une set list à deux trois titres près issus de Where is my Utopia ? (à Tournefeuille bien entendu), virage marquant de la ligne artistique du groupe, on assiste à un ping pong entre les méconnaissables tubes de l’originel The Overload et les nouveautés piochées dans You’re gonna need a little music.

La cohabitation et l’enchainement des pamphlets contre la Reine et la face actuelle du Monde en général est chirurgical. James Smith en forme olympique lui, profite de quelques accalmies pour exprimer sa sympathie for Toulouse pendant que le public se réchauffe en remuant sa carcasse sur les terribles « Cherophobe Rock », « Petroleum » ou autre « The Trench Coast Museum ».
En parlant de remuage de carcasse, si quelqu’un a retrouvé les lunettes de Jesse perdues dans la bataille, merci d’adresser un pigeon voyageur à la rédaction.
65 minutes chrono plus tard, fin du spectacle avec un épique « The Overload » en mode bulldozer faisant définitivement tomber La Cabane sur le chien, épilogue d’une performance qui aurait bien valu quelques salves sonores de plus.
Qu’à cela ne tienne, la semaine s’est divinement terminée, un chaleureux merci à Noiser pour avoir permis nos retrouvailles et la qualité de sa programmation annuelle nous faisant avec Jesse à bien nombre de reprises nous désincruster de nos canapés respectifs.